23/08/2006

2007, ANNEE ZERO?

«L’année ne commence pas le 1er janvier, tous les Français savent ça. Il n’y a que ces fous d’Anglo-Saxons pour croire un truc pareil. En réalité, l’année commence le premier lundi de septembre. Le jour où les Parisiens récupèrent leurs bureaux après leur mois de vacances et se remettent à travailler le temps de décider où ils partiront à la Toussaint. C’est aussi le jour où les Français se lancent dans des projets nouveaux tels que changer de coiffure ou construire un réacteur nucléaire. » Qui mieux qu’un journaliste britannique, l’un de ces satanés Roast-beef – nos meilleurs ennemis – aurait pu discerner avec autant de finesse l’esprit hexagonal ? A l’exception d’un autre Anglais, sans doute personne. Car l’air de rien, le bonhomme a du flair et semble connaître, après plus de dix ans passés en terre Froggy, nos moindres petites manies. A un petit détail près, peut-être : à l’instar des écoliers soumis au régime de la semaine de quatre jours, nos politiques ont déjà entamé leur rentrée, à coups d’Universités d’été, notamment, hauts lieux des querelles intestines entre «candidats à la candidature» aux élections présidentielles de 2007. Finis donc les amourettes de vacances, la réconciliation du couple Sarkozy, l’ambiguïté des relations entre membres du gouvernement et leurs vedettes journalistiques d’épouses, ou de la vraie-fausse annonce de mariage du couple Royal-Hollande.

 

Pis, la parution au cours de l’été du livre «Témoignage» de Nicolas Sarkozy (UMP, droite) en aurait presque déjà été oubliée, quand bien même l’hebdomadaire Le Point, dirigé par Franz-Olivier Giesbert – «FOG» pour les intimes, et l’un de ses plus grands fans – aurait bercé de quelques beaux extraits nos nuits estivales, si Ségolène Royal (Parti socialiste) n’avait pas été là pour en recopier quelques pages. Car tout comme Nico, qui écrit que «transformer le quotidien, rendre l'impossible envisageable, trouver des marges de manoeuvre, [l]'a toujours passionné», Ségo, pour reprendre l’intitulé de son blog, a des «désirs d’avenir». A croire, véritablement, que l’auteur est le même, tous deux jouant la carte du monde enchanté et de la rupture générationnelle. Un divorce d’avec la vieille France, jospiniste et chiraquienne, faite de «jeunisme quinquagénaire», où (pour Ségo), danser sur un plateau télé avec Jamel Debbouze, et (pour Nico) s’afficher, un iPod à la main, avec Loïc Lemeur, grand gourou hexagonal des blogs (et depuis peu adhérent à l’UMP) est une stratégie de (pré)campagne comme une autre pour faire entendre sa voix… à défaut de se différencier par ses idées.

 

Histoire de s’en convaincre, petit détour par le site du quotidien Le Monde, qui semble avoir pris un malin plaisir à rappeler les propositions de Ségo pour sortir de la crise de la délinquance juvénile – comprendre, en «politiquement incorrect», des cités, vu qu’on n’imagine mal un tel dessein s’appliquer à un fils de notaire ou de médecin : «A l’école primaire, [donc], au premier acte d’incivilité, prévoir pour les parents de l’élève un stage dans une ‘école de parents’ et mettre sous tutelle provisoire les allocations familiales» ; «Au collège, prévoir pour les élèves perturbateurs un placement dans des ‘internats-relais’ et une reprise en main par des tuteurs» ; «A plus de 16 ans, au premier acte de délinquance, prévoir un placement dans des établissements à encadrement militaire pour apprendre un métier ou réaliser un projet humanitaire» ! Reste tout de même un oubli majeur : qu’est-il prévu si l’on est né en France de parents sans papiers ? L’Ile de Goré, via un charter UMP financé par le parti socialiste, histoire que – social oblige – la charge financière ne repose pas sur ces pauvres familles ? A bien y (tristement) réfléchir, un Marocain résidant en France n’avait peut-être pas tort quand il me confiait un soir : « Au point où nous en sommes, autant que Le Pen arrive au pouvoir ! Cela pètera un grand coup mais au moins, la crise passée, pourrons-nous peut-être repartir sur de meilleures bases.» 2007, année zéro ? On n’en est pas loin…

12/02/2006

BOLKESTEIN, MANIFS, ETC..



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30/01/2006

EUROPEUS SE MET A L'ALLEMAND


KAI LANCEMENT EUROPEUS ALL
Vidéo envoyée par europeus

Après avoir annoncé dans le quotidien 20 Minutes son départ de la présidence du Forum citoyen eurodistrict, Kai Littmann revient sur ses projets futurs, parmi lesquels le lancement, en mars, d'une version allemande d'Europeus.

20:50 Publié dans Europeus.org | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Europe

11/01/2006

(PRESQUE) UN AN APRES

Bon, après moult rappels à l’ordre de la part d’autres chroniqueurs d’Europeus, me voici de retour… presqu’un an après la publication de mon dernier post. Rien de bien glorieux, en somme. Pour ceux qui étaient habitués à la lecture de ce blog, ce retour pourra être une surprise. Disons que l’année passée a été consacrée à développer un autre projet et que celle qui débute aura pour ambition de le développer un peu plus encore. A l’origine de ce blog était une sorte de coup de gueule face à ces rédactions qui vous rappellent combien « l’Europe, ça n’intéresse personne ». De là est né ensuite Europeus.org, parti sur la même idée, celle visant à dire que si, l’Europe ça intéresse. Parce qu’en bien ou en mal, elle est notre quotidien. Aujourd’hui Europeus compte une vingtaine de contributeurs (dont la liste doit encore être actualisée…), 25000 lecteurs mensuels (pour ceux qu’on peut comptabiliser – bon ce n’est pas Le Monde mais c’est déjà pas mal…) ; est repris par le quotidien Metro (2 millions de lecteurs – c’est mieux J)et Agoravox. Plus intéressant, peut-être, Europeus n’aura pas duré comme beaucoup trop de blogs le simple temps d’une campagne référendaire. Peut-être aussi parce qu’il n’est pas un blog de campagne mais d’information et de débat. En fait, deux seuls ont réellement survécu en France : Europeus et Publius. A croire que les « us » ont ces coutume de s’accrocher J.

 

Un an après, donc, deux survivent auxquels doivent être ajoutés quelques uns qui ont pris le train en route, à l’instar des Euros du village ou, plus récemment, et c’est une belle surprise Jean Quatremer, probablement le plus intéressant journaliste français en activité (et en résidence – Libération) spécialisé sur les questions communautaires. Un type rare car lucide. Très clairement pro-européen mais pas eurobéat. Ses collègues et autres rédacteurs en chef hexagonaux (dont même ceux issus de la presse télévisée) avaient prévenu après le 29 mai avec leur pâle copie du « Je (nous) vous ai compris. Oui, l’Europe vous intéresse alors nous allons en parler ». Résultat des courses un peu plus de six mois après : rien, tout simplement rien, un peu à l’image de ces belles résolutions de début d’année que l’on ne tient jamais véritablement.

 

Jean Quatremer, lui, s’accroche, fait tout simplement son boulot d’information. Dommage qu’ils ne soient pas plus nombreux à le faire. Alain Ménargues, un peu avant de se faire « shooter » de la direction de l’info de RFI m’avait confié lors d’une discussion au Parlement européen « qu’il n’y a que ceux qui ne comprennent rien à l’Europe qui refusent d’en parler ». Force est de constater que peu de journalistes français y comprennent quelque chose à cette Europe, ou du moins font l’effort d’y comprendre quelque chose. Ou alors quand on en parle, on évite soigneusement quelques détails comme la nuit dernière dans France Europe Express : Christine Ockrent y abordait la santé de Sharon, la situation israélo-palestinienne. Notre très cher ministre des affaires étrangères – docteur monde – était également présent. Une question aurait pu être à cette occasion posée : pourquoi le Conseil s’oppose-t-il à ce qu’un rapport émanant de diplomates européens sur la situation en Israël ne soit rendu public et débattu au sein du Parlement européen. Sauf erreur de ma part, ce point a été soigneusement évité. Là encore, dommage.

 

S’il était une résolution (de celles que l’on tient cette fois) à prendre pour 2006, elle concernerait pour toutes ces raisons Europeus. En un mot : continuer. Continuer de débattre, d’informer, de proposer. Plusieurs actions iront très vraisemblablement en ce sens au cours des prochains mois : le lancement d’Europeus Maroc (sur les questions marocaines et euromed), d’un Europeus en langue allemande (on y travaille, avec des chroniqueurs propres et, espérons, à terme un partenariat avec un grand quotidien national). Mais aussi l’arrivée prochaine du podcast, si possible sans offrir d’Ipod ou de livre à un ministre…, l’agrandissement du réseau en partenariat avec Relatio (en fait les deux ne feront plus qu’un) qui devrait donner (si tout va bien) naissance à un magazine papier, dont il sera prochainement temps d’en dire plus. Bien d’autres projets sont encore à l’étude, mais chaque chose en son temps. Si l’on parvient déjà à faire tout cela en 2006, ce sera déjà pas trop mal.

02:52 Publié dans De vous à moi | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : Europe

22/02/2005

RENCONTRES DU RESPECT

lundi 28 février 2005, Palais du Luxembourg (Paris), de 17h30 à 20h30
Thème : Table ronde sur « Les violences faites aux femmes » organisée dans le cadre des Rencontres du respect

Avec Célestine Kouakoua (maire de Brazzaville « le viol comme arme de guerre »), Michèle Vianès (écrivain, chroniqueuse sur Europeus.org, auteur de « Les islamistes en manoeuvre »), Amély-James Koh Bela (écrivain, auteur de « Prostitution africaine en Occident »), Hélène Fathpour (porte parole de la fédération internationale contre l'intégrisme et pour l'égalité : « intégrisme et violence étatique »), Gabrielle Partenza (écrivain, ancienne prostituée), Marie Burguière (professeur certifiée d’histoire : « les profils du bourreau et de la victime dans les violences conjugales »), Yvette Roudy (ancienne ministre des Droits des Femmes), Isabelle Debré (sénateur des Hauts de Seine), Nicole Guedj (secrétaire d’Etat aux droits des victimes).

Pour des raisons de sécurité et de place il est impératif de confirmer votre venue :
par téléphone au 01 46 06 27 04
par fax au 01 46 06 26 60
par mail au : infos@collectifrespect.com
en précisant vos nom prénom adresse et contact (téléphone ou mail)
Seules les personnes préenregistrées pourront entrer ; merci de votre compréhension

11:30 Publié dans De vous à moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Women

13/02/2005

VENISE MET BAGDAD EN TETE DE GONDOLE

10h58, hier matin. Outlook. Message : « Je vous envois, pour votre info, l'invitation presse à la conférence qui se tiendra ce soir à l'Hôtel de Ville, sur le thème de la "Commission de Venise". C'est un cycle de conférences généralement très intéressant, axé sur une problématique européenne. Les intervenants sont toujours des personnalités de premier plan. Pensez-vous pouvoir vous joindre à nous ce soir ?» Auteur : le service presse de la ville de Strasbourg. A croire qu’ils ont finalement réussi à recopier mes coordonnées et m’inscrire sur leur liste de diffusion six mois après que ma demande ait été déposée. En fait, soyons charitable, j’avais déjà reçu deux mails entre Noël et l’an. Bref, petite lecture du communiqué de presse histoire de trouver d’y trouver un début de motivation. Echec : «Dans le but de mieux faire vivre l’Europe à Strasbourg, la Ville et le Conseil de l’Europe accueillent régulièrement des spécialistes internationaux du droit, de la culture ou de la science, qui viennent apporter au public leur éclairage précieux dans de nombreux domaines. Au cours de conférences régulières et ouvertes à tous, les Strasbourgeois peuvent ainsi rencontrer des personnalités de premier plan et débattre avec elles de sujets d’actualité. Dans ce cadre, Fabienne Keller, Maire de Strasbourg, Robert Grossmann, Président de la Communauté urbaine et Terry Davis, Secrétaire général du Conseil de l’Europe, ont le plaisir de vous convier à la 9e édition des "Entretiens du Conseil de l'Europe", qui se déroulera le vendredi 11 février 2005, Salle des Mariages de l'Hôtel de Ville (place Broglie), de 18 h 30 à 20 h.» Côté fun on repassera. Je ne sais pas très bien en fait ce qui m’a poussé à finalement m’y rendre. Un sentiment de compassion envers cet attaché de presse visiblement en grande difficulté dans sa tâche à faire venir des journalistes… Ou peut-être le fait de savoir que Daniel animait le débat, qu’il fallait que je le vois dans la journée et que l’occasion tombait à point. Ou tout simplement était-ce la curiosité de savoir ce qu’était exactement la Commission de Venise, cette structure dont le but est notamment, pour reprendre les termes de Gianni Buquicchio, son secrétaire général, «d'aider les pays qui le souhaitent à mettre leur droit constitutionnel en accord avec les valeurs essentielles du Conseil de l'Europe»...LIRE LA SUITE

Par Christophe Nonnenmacher

10:55 Publié dans Europeus.org | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Europe

L’EUROPEEN DE DEMAIN SERA VIEUX, FAUCHE MAIS COMPETITIF

Eurosceptiques, europhobes les anglais ? Peut-être. Du moins pour une large part d’entre eux. Pourtant, Bruxelles ferait parfois bien de s’inspirer de leur manière d’être. De leur approche du jeu footballistique. L’histoire remonte à quelques jours. Un match des plus banals opposait alors l’équipe amateur de Peterborough North End à une formation de la Royal Mail. Rien de bien passionnant, en somme. A ceci près qu’au court de la partie, le gardien de North End fit une remarque déplaisante à Andy Wain, l’arbitre de la rencontre. Plutôt que de sanctionner le joueur par un carton, Andy, blessé, lâcha tout simplement prise avec la réalité, avec le rôle que lui impose sa fonction, au point de faillir en venir aux mains avec le gardien. L’histoire aurait pu s’arrêter là. N’être qu’un fait de hooliganisme arbitral. Mais Andy reprit pied. Dans un surprenant éclaire de lucidité, celui-ci se sanctionna d’un carton rouge et quitta de son propre chef le terrain. «Agir ainsi était totalement non professionnel de ma part, s’expliqua-t-il plus tard. Si un joueur s'était comporté de la sorte, je l'aurais immédiatement expulsé. Alors, j'ai estimé que je devais en faire autant.»

Quel rapport avec Bruxelles ? Aucun à priori si ce n’est que la Commission serait parfois bienvenue de porter un regard lucide sur ses actes. Que certains de ses membres seraient parfois bien inspirés de s’auto-sanctionner d’un carton rouge. Son président, Jose Manuel Barroso, dont les dernières positions sur la Stratégie de Lisbonne ne manquent pas d’incohérence, en tête. Comment peut-on en effet appeler les Européens à voter en faveur d’une constitution garante des droits sociaux et tout faire dans le même temps pour mettre ces acquis au pilori de l’histoire... LIRE LA SUITE

Par Christophe Nonnenmacher

00:53 Publié dans Europeus.org | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Europe

30/01/2005

LA DEFAITE DU MOUTON

20 janvier. Les musulmans célébraient l'Aïd El Kebir, la fête du mouton. Un moment digne. De partage et d’ouverture aux autres. Mercredi 26 janvier. D’autres moutons. Dans l’un des plus grands complexes cinématographiques d’Europe. Deux files d’attente. L’une pleine, bondée, face à une caisse fermée. L’autre vide, ou presque, face à une caisse ouverte. Membre de la première congrégation - celle à laquelle je n’appartenais pas - une femme m’interpella : «De quel droit nous dépassez-vous ? Vous ne pouvez pas faire la queue comme tout le monde ?». Réponse : «C’est ce que je fais madame mais il se trouve que la file correspondant à la caisse ouverte est celle dans laquelle je me situe». «Peu m’importe vos arguments. La majorité des gens sont dans ma file donc c’est vous qui avez tort !» Bref, le fait qu’un client se soit trompé de file, puis un deuxième, suivi machinalement d’un troisième, (…) puis d’un vingt-et-unième avait suffit à ériger en dogme une hérésie. Désormais, la loi du moment voulait qu’à la caisse n°2 corresponde la file n°3. Point final. Mouton, acte I.

Vingt-quatre heures plus tard, les députés français (pas les eurodéputés, les autres…) achevaient «dans un climat assez apaisé» (dixit l’AFP) l'examen de la révision constitutionnelle préalable au référendum sur le projet constituant. Avec pour seul mot sur les lèvres, «Turquie». Pourquoi ? Parce qu’un jour, quelqu’un ou quelqu’une a décidé que ce sujet serait indissociable de la question constitutionnelle. Mouton, acte II. (LIRE LA SUITE...)

Christophe Nonnenmacher