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29/11/2004
Lectorat cherche journaliste européen compétent
Il est des ironies assez dévastatrices dans notre milieu, celui du journalisme. On nous y enseigne l’art d’être précis, de vérifier nos sources, de connaître notre sujet. Bref, d’être honnête avec le lecteur. Ce serment d’Hippocrate « maison » a de tout temps honoré cette profession. Des envoyés spéciaux et permanents couvraient il y a peu encore l’actualité sur le terrain, assurant une couverture sérieuse d’un événement. Bien sûr, nombre de journaux – principalement parisiens - le font encore, n’hésitant pas à faire appel à des gens compétents ou sachant, tout du moins – transcrire ce qu’il leur a été dit. Malheureusement, force est de constater que cette règle se perd en certains lieux. Bien sûr, l’erreur est humaine. A ceci près que la formule est bien connue : « C’est forcément vrai si c’est écrit dans le journal! »
Les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA) et l’Est Républicain avaient il y a quelque temps enfanté un beau projet : La Quinzaine européenne. Officiellement, ce bimensuel fut enterré deux ans après sa sortie pour cause de faillite. Officiellement. Mais bon, c’est là une toute autre histoire. Reste que de nombreux journalistes – près d’une vingtaine – spécialisés sur les questions européennes, furent gentiment renvoyés à leurs occupations antérieures. « Comprenez-nous, nous avons suffisamment de gens capables de parler d’Europe. » Ok. Si vous le dites. Admettons. Disons que c’est la règle du jeu. Aujourd’hui, la rumeur court que les DNA envisageraient de fermer leur bureau de Bruxelles…composé d’un seul rescapé. Economies d’échelles, je suppose. Je veux bien, même si une telle stratégie est en parfaite contradiction avec le discours ambiant de la direction du quotidien, qui assure que l’Europe est – au moins officiellement - au cœur de ses préoccupations premières. Passons encore, cela les regarde.
Non, là où l’histoire bascule est quand on abreuve le lecteur d’inepties, d’erreurs tellement grossières qu’on se demande s’il existe encore la moindre personne compétente au sein de ce quotidien régional. Dans un article paru ce week-end et intitulé « Face au traité de constitution européenne : Des élus plutôt sceptiques » (passons sur la maîtrise de la langue française…), le lecteur pouvait en effet y lire la chose suivante: "En un peu plus d'une heure – ‘on ne peut pas faire moins vite pour essayer de mettre à la portée de chacun ce traité constitutionnel’, commentait in fine René Moebel - Hubert Haenel a expliqué les avantages du nouveau texte qui, en s'appuyant sur une communauté de valeurs et d'objectifs, permet de ‘renforcer les compétences de l'Union’. Notamment dans le domaine de la politique internationale avec un président de Commission qui sera dorénavant élu pour deux ans et demi au lieu de six mois »…
Peu importe ici que Hubert Haenel n’ait pas été qu’un simple membre de la Convention mais qu’il y siégea en tant que président de la délégation du Sénat pour l'Union européenne. Peu importe également que René Moebel ne soit pas « maire de l’amicale des maires du canton de Huningue » mais président de celle-ci (pour rappel à la rédaction, on est maire d’une ville ou d’un village mais pas d’une association….). Non, ce qui importe bien plus est le passage expliquant que le projet de constitution sera bénéfique dans la mesure où, une fois ratifié, celui-ci donnera naissance à « un président de Commission qui sera dorénavant élu pour deux ans et demi au lieu de six mois »!!!
Sur ce point, j’ai beau relire la phrase depuis bien quinze minutes, quelque chose m’échappe. De deux (trois) choses l’une : soit le texte constitutionnel aurait mis en place une nouvelle commission (avec un petit « c ») mais il faudrait qu’on nous précise laquelle, le document - sauf intervervention Harry Potterienne durant le week-end - n’indiquant rien de tel. Soit il s’agit de la Commission de Bruxelles (avec un grand « c ») mais, sauf faille spatiotemporelle, celle-ci n’a jamais été élue pour six mois et ne le sera pas davantage pour deux ans et demi, la durée de son mandat étant fixé à cinq ans. Soit, et c’est la seule hypothèse rationnelle, l'auteur fait référence à la présidence du Conseil européen. Bref, une institution sans aucun rapport avec la Commission et moins encore avec son président...
La chose aurait pu faire sourire (et encore…) si cette information avait été publiée dans Pif Gadget ou dans un journal conçu par des collégiens. Tout du moins aurait-elle été excusable. Mais venant d’un journal qui se dit suffisamment compétent sur les questions communautaires pour sacrifier, petit à petit, sa rédaction européenne, il y a là quelque chose de choquant. Non pas pour les journalistes concernés – ceux-ci travaillant aujourd’hui pour d’autres médias, nationaux ou européens, et n’ayant pas à se plaindre de leur sort – mais pour le lectorat des DNA qui, au moins par respect, mériterait qu’on lui livre une information (européenne) digne de ce nom... Au moins si tel est encore la fonction première du métier de journaliste.
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28/11/2004
M. Baltrès: Face au traité de constitution européenne, des élus plutôt sceptiques
Le texte qui suit est uniquement cité par souci d'information du lecteur, dans la mesure où des passages en ont été repris dans le post "Lectorat cherche journaliste européen compétent". Son contenu n'engage que les Dernières nouvelles d'Alsace.
Face au traité de constitution européenne, des élus plutôt sceptiques
Auteur: M. Baltrès, Dernières Nouvelles d'Alsace - Dim 28 nov. 2004
Des maires attentifs, mais dubitatifs face à la constitution européenne
Invité d'honneur de l'amicale des maires du canton de Huningue, appelé à exposer les grandes lignes et (surtout) les "avancées" de la nouvelle constitution européenne qui sera prochainement soumis à référendum, le sénateur Hubert Haenel, qui a fait partie des rédacteurs de ce document refondateur de l'Europe, a trouvé face à lui vendredi soir des élus certes attentifs, mais plutôt sceptiques quant au résultat du vote à venir.
Si ce « traité constitutif » comme le désigne René Moebel, maire de l'amicale - « car l'Europe n'est pas un pays » -suscite actuellement débat dans le microcosme politique où l'on voit notamment « un grand parti politique fortement divisé sur le sujet » (la gauche pour ne pas la nommer), il faut bien admettre que le sujet ne passionne pas dans la mesure où il ne s'agit pas, pour les Français, de la préoccupation première du moment, confrontés qu'ils sont au chômage, aux délocalisations, à l'augmentation du coût de la vie et à la fragilisation, voire la disparition des services publics.
C'est particulièrement vrai pour les milliers de frontaliers suisses et allemands qui surfent sur les vagues de licenciement à répétition de l'économie libérale helvétique.
Règlement de compte
Pour René Moebel, les motivations des uns ou des autres en faveur du « oui » ou du « non » lors du prochain référendum relèvent davantage en France d'un règlement de compte de politique intérieure, que de « l'aboutissement du projet de constitution en soi ». Quand le sujet passionne les foules, c'est en raison de l'amalgame (volontaire ou involontaire) qu'on a parfois fait avec la question de l'adhésion de la Turquie.
Pour René Moebel « l'Europe actuelle suscite de plus en plus de doutes et de méfiance. Son ingérence bureaucratique est souvent mal perçue, en raison d'une réglementation aveugle et tatillonne qui ne tient pas compte de la spécificité des terroirs. Je ne suis pas convaincu que le « Oui » l'emporterait si le référendum avait lieu demain ! La majorité de la population se prononcerait sans comprendre le contenu de la constitution, obnubilée par le climat de morosité ambiante ».
Et d'évoquer la hausse des prix, provoquée par le passage à l'euro, la hausse du prix des énergies, l'insécurité en général, la question des retraites et le climat pessimiste qui plombe encore davantage la consommation des ménages. Bref « l'horizon paraît bouché et l'avenir sans perspective ». Afin de permettre à ses collègues de se prononcer en fonction des vrais enjeux de cette constitution « et non en fonction de querelles partisanes », René Moebel a demandé au sénateur Hubert Haenel d'éclairer la lanterne des élus locaux du canton, afin de gommer aussi l'étiquette de cette « Europe bouc émissaire ».
Compétences renforcées
En un peu plus d'une heure - « on ne peut pas faire moins vite pour essayer de mettre à la portée de chacun ce traité constitutionnel », commentait in fine René Moebel - Hubert Haenel a expliqué les avantages du nouveau texte qui, en s'appuyant sur une communauté de valeurs et d'objectifs permet de « renforcer les compétences de l'Union ».
Notamment dans le domaine de la politique internationale avec un président de Commission qui sera dorénavant élu pour deux ans et demi au lieu de six mois ; grâce à la présence d'un ministre des affaires étrangères qui parlera au nom de tous. Grâce aussi à une politique de défense commune avec une clause de solidarité antiterroriste entre les Etats membres. Renforcement aussi de l'action commune dans le domaine de la lutte contre la délinquance transfrontalière.
La subsidiarité
Ce qui irrite par contre, ce sont les interventions intempestives de l'Union dans des questions qui pourraient être réglées par les Etats membres, comme la chasse ou la durée de validité du permis de conduire. L'unité de l'Europe n'impose pas de tout uniformiser. il faut au contraire appliquer le principe de subsidiarité, selon lequel l'Union ne doit intervenir que lorsque c'est vraiment nécessaire. La constitution permet désormais aux parlements nationaux d'intervenir directement auprès des institutions de l'Union pour veiller à l'application du principe de subsidiarité.
Ainsi, dans les six semaines suivant la présentation d'un projet de la Commission européenne, les parlements nationaux pourront demander à la Commission de réexaminer son texte. La Commission sera tenue de réexaminer sa proposition lorsqu'un tiers des parlements nationaux l'auront demandé. Après l'adoption d'un texte par le Parlement européen et le Conseil, les parlements nationaux pourront, s'ils estiment que leurs critiques n'ont pas été écoutées, demander que le respect du principe de subsidiarité soit contrôlé par la Cour de justice. C'est une grande nouveauté.
Trois changements
La constitution prévoit trois changements majeurs : 1) la définition de la majorité qualifiée au sein du Conseil des ministres. Une décision ne sera adoptée que si 55 % des états membres représentant 65 % de la population de l'Union sont d'accords ; 2) un pouvoir accru pour le Parlement européen ; 3) une Commission resserrée où deux Etats membres sur trois seulement auraient tour à tour, un commissaire, de manière à garantir son indépendance et son autorité.
Les reproches
Parmi les reproches faits à la constitution : le flou en matière de questions économiques et sociales ; l'absence d'harmonisation des lois sociales. De sorte que le modèle français risque d'être fort malmené dans les cinq à dix ans à venir par les délocalisations intérieures à l'Union. Il n'est pas du tout évident que les voitures produites demain à bas prix dans les anciens pays de l'Est pourront encore être achetées au prix fort par nos chômeurs, alors qu'à l'Est on n'aura pas encore les moyens de consommer.
Bref tout le système risque d'imploser dans le contexte mondialiste. Même si Hubert Haenel ne veut pas transformer le débat sur la constitution en débat sur le budget de l'Union ou en lutte contre les délocalisations, dans la mesure où ce document n'est « ni de gauche, ni de droite », mais se veut un « cadre commun qui doit permettre à vingt cinq pays de mener ensemble certaines politiques », on comprend mieux qu'il peut (encore) laisser René Moebel sceptique, « mais il ne demande qu'à croire ».
Quant à la question de l'adhésion de la Turquie, le sénateur rappelait que le 17 décembre prochain marquera seulement l'ouverture des négociations sur l'entrée ou non de la Turquie dans l'Union. Des négociations qui dureront entre 10 et 15 ans et au bout desquelles il faudra, le cas échéant, voter. Une adhésion qui devra être approuvée par tous les gouvernements, puis par le Parlement européen et enfin par chaque pays membre. Soit par la voie parlementaire, soit par référendum. Rien à voir donc et dans l'immédiat avec la constitution.
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22/11/2004
La carte européenne est-elle crédible en Côte d'Ivoire ?
Par Christophe Nonnenmacher - Vivre à l'étranger & Africa International - 22 novembre 2004
Bruxelles, où est-tu ? Pas loin, si l’on se fie à la résolution adoptée par le Parlement européen sur la situation en Côte d’Ivoire. Très loin, si l’on prend en compte l’incapacité chronique des Européens à parler d’une seule et même voix. A mi-distance, Paris s’enlise et Washington marque des points.
L’Union européenne doit-elle reprendre le flambeau en Côte d’Ivoire ? Pour l’eurodéputé démocrate-chrétien Philippe Morillon, cela ne fait aucun doute. « Les événements de Côte d'Ivoire n’auraient pas donné lieu aux procès de néo-colonialisme fait à la France si Paris avait eu ‘le réflexe Licorne’. Les accords bilatéraux, les soutiens de l'OUA et de l'Onu à cette opération n'étaient pas et ne sont pas incompatibles avec une européanisation de l'intervention des militaires français. » Suivi dans son raisonnement par l’ensemble des eurodéputés – à l’exception des nationalistes et des souverainistes – le général français gagnait une première bataille sur le dossier : jeudi 18 novembre, le Parlement de Strasbourg adoptait une résolution appelant les Etats membres de l'Union à « s'impliquer activement dans le soutien de la mission de maintien de la paix assurée par les Nations unies et la France ». En somme, si la présence de Paris et de l’Onu se justifie à Abidjan, le retour au calme dépendrait à l’en croire d’une européanisation de la coalition présente sur place. « Le fait est que nous déplorons que la volonté légitime de la France et des Nations unies de réagir et de mettre un terme aux exactions commises prennent parfois une forme arrogante et paternaliste, analyse Marie-Hélène Aubert, membre écologiste français de la commission des Affaires étrangères du Parlement. Perçue comme néo-coloniale, cette attitude alimente en en effet le fanatisme nationaliste et xénophobe. »
Des chances d’intervention très maigres
Seule ombre au tableau, le texte voté par les eurodéputés ne dépasse pas le cadre de la simple résolution, donc des bonnes intentions. Et pour cause : défense et politique étrangères restent, dans la pratique, une prérogative exclusive des Etats membres. Certes, l’Union dispose d’un Haut représentant à la PESC et d’un commissaire aux relations extérieures mais si Paris et Londres – seuls pays membres de l’Union à disposer des moyens suffisants à lancer une opération militaire extérieure - ne s’entendent pas sur ce point, l’Europe risque, au mieux, de bricoler, voire de regarder – impuissante- la situation se dégrader. Et, en l’état, force est d’avouer que les chances d’intervention britannique en Côte d’Ivoire sont très maigres, Londres n’ayant que peu d’intérêt à s’avancer sur le terrain ivoirien alors qu’elle peine déjà à se sortir du bourbier irakien. Quant à la Belgique – l’un des rares autres Etats membres a disposer encore d’un semblant de politique africaine – celle-ci pourrait suivre et faire office de solution de « sauvetage ». Mais, là encore, un problème se pose : son image en Afrique n’y est guère plus flatteuse que celle d’une France, dont on ne sait par ailleurs si elle serait véritablement désireuse de partager son pré carré…
Partie d’échecs transatlantique
En fait, la seule approche « réaliste » consisterait, comme le propose le texte parlementaire, à ce que le Conseil soutienne « le déploiement de forces de paix de l'Union africaine, dans le cadre de la facilité d'appui au maintien de la paix du Fonds européen de développement (Fed) » A défaut de crédibiliser l’Europe comme acteur politique majeur dans la région, celle-ci aurait au moins le mérite de ne pas exacerber les tensions et de soutenir les Etats africains dans leur volonté de prendre le problème à bras le corps … tout en préservant une certaine visibilité européenne sur la scène régionale. Car, une autre partie d’échecs se joue déjà en coulisses. Laurent Gbagbo dissimule en effet de moins en moins ses amitiés avec Washington. Tout du moins avec les évangélistes américains, proches de George W. Bush et de…Simone Gbagbo, sa femme, dont certains lui prêtent l’intention de lui succéder. Ce rapprochement entre les deux pays pourrait à n’en point douter bouleverser les relation eurafricaines. Principale porte d’entrée française sur l’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire joue à ce titre un rôle déterminant dans la conduite des affaires étrangères française et – par ricochet – européenne. Si Abidjan « tombe », Paris et Bruxelles y perdraient donc très vraisemblablement en influence sur la scène internationale. Mais également d’un point de vue économique. Car en cas de blocage durable du port d’Abidjan, principal point de desserte locale en matière d’approvisionnement, c’est l’ensemble de l’économie régionale qui se retrouverait menacée. A titre d’exemple, le Mali serait complètement coupé du monde, privé de toute voie d’accès pour ses acheminements en matériaux, denrées alimentaires et autres équipements nécessaires à son développement.
Malaise des Vingt-cinq
Contourner l’obstacle par Dakar ou par voie aérienne est possible. Mais qui en paiera le coût supplémentaire si ce n’est l’Union au travers du Fed ? A défaut, tous les efforts entrepris ces dernières années par l’Europe pour soutenir l’émancipation d’un marché local, vital à la stabilisation géopolitique de l’Afrique occidentale, auront été vains. Cette réalité, la Commission Barroso nouvellement élue ne pourra pas l’ignorer lors de la prochaine réévaluation à mi-parcours du Budget du Fed. Sauf surprise ou intervention politique efficace des Européens, nul doute que l’Union sera amenée à accorder une rallonge aux Etats limitrophes. Le malaise est d’ailleurs palpable du côté des Vingt-cinq, « emprisonnées » entre leur incapacité chronique à intervenir conjointement sur la scène diplomatique et leur souci de ne pas abandonner la France dans un conflit qui pourrait bien tourner à leur désavantage. A moins que l’Union, comme le demande le Parlement, ne décide de « de s'attaquer aux causes profondes de la crise, notamment dans le domaine économique et social » et définisse – enfin - une véritable politique d’action d’aide au développement, flexible et concertée avec l’ensemble des acteurs régionaux. Mais pour cela, faut-il encore que la situation s’apaise sur le terrain et que l’Assemblée parlementaire UE-ACP, réunie cette semaine à la Haye « ne se contente pas, pour reprendre les termes de Marie-Hélène Aubert, de se lamenter et de voter des résolutions en papier ».
18:15 Publié dans articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les Eurocrates sont-ils fous?
Premier blog post dominical. Première pause nocturne d’une nuit sans fin entre la Côte d’Ivoire et le Canada. Deux dossiers en préparation pour ce matin, jour de (multiples) bouclages. La pause s’appelle Commission européenne. Je sais, ce n’est pas commun. A priori, on aurait pu trouver mieux. Plus sexy, plus plaisant. Mais le contenu de son site – pour qui dispose de suffisamment de masochisme pour y chercher l'information souhaité- n’a parfois rien à envier aux meilleurs vaudevilles. Bien sûr, les médias britanniques ont donné un (grand) coup de pouce aux auteurs. Mais tout de même, la Direction générale Presse et Communication de la Commission a du talent. Vraiment. Ce qu’elle écrit ? « La plupart d'entre nous font confiance à la presse nationale, aux informations télévisées et radiodiffusées pour s'informer de ce qui se passe dans l'Union. Malheureusement, parmi la masse d'informations diffusées se trouvent un grand nombre d'histoires basées sur des faits déformés, voire mensongers. Ces histoires peuvent être amusantes, certes, mais elles donnent l'image d'une Europe gouvernée par une bande d'eurocrates fous. Même s'il est malheureusement impossible de les recenser toutes, ces pages sont destinées à faire une mise au point sur certaines de ces histoires incroyables. »
Jusque-là, rien de bien exceptionnel si ce n’est l’idée savoureuse que le Berlaymont puisse héberger en ses murs des « eurocrates fous », cheveux hirsutes, langue pendante et globes oculaires sur ressorts. Non, le meilleur est à venir. Premier aperçu, les titres : « Des balançoires trop hautes pour l'Europe » ; « L’Union interdit le bruit dans les pubs et dans les stades de foot » ; « Pour Bruxelles, une île n'est plus une île » ; « La gent canine privée d'os », « Viagra: Six comprimés par mois pour tout le personnel de l'Union ». Pas moins de 33 manchettes recensées ! Toutes plus merveilleuses les unes que les autres. Et bien évidemment pour leur très grande part issues de la presse anglaise.
« Trop c’est trop », imagine-t-on rétorquer un haut fonctionnaire génial. Bruxelles contre-attaque et nous livre ses arguments. Exemple, le 4 février dernier, le Sun (plus connu pour sa page 3 que pour la pertinence de son travail d’information) titrait : « Ne pas jeter sur la voie publique! – L'UE demande aux femmes de rapporter leurs gadgets érotiques usagés (…) En vertu de nouvelles règles européennes, les femmes vont être obligées de rapporter, visages cramoisis, leurs gadgets sexuels usagés. Elles devront rendre leurs vieux vibromasseurs pour recyclage avant de pouvoir s'en acheter de nouveaux. » Très sérieusement, la réponse de la Commission fuse : « Les directives sur les équipements électroniques et électriques usagés obligent les États membres à faire en sorte qu'à compter du 13 août 2005, les propriétaires de ces biens puissent les rapporter gratuitement à leur détaillant pour recyclage. [Mais] il n'existe aucune obligation de rapporter les équipements électriques usagés avant de pouvoir en acheter de nouveaux. Ces textes prévoient simplement que les intéressés doivent pouvoir le faire gratuitement s'ils le souhaitent. »
Autre exemple savoureux : « Bruxelles entend obliger les employeurs à consulter leurs salariés sur la marque du thé à acheter », prévenaient les Western Mail et Daily Post le 12 janvier dernier. « Selon les Conservateurs, était-il écrit, les dispositions de la nouvelle directive européenne sur l'information et la consultation des travailleurs pourraient contraindre les sociétés britanniques à consulter leurs salariés sur la marque de sachets de thé qu'il conviendrait d'utiliser dans les bureaux. Les chefs d'entreprise se sont d'ailleurs opposés à cette initiative ». Réponse de Bruxelles : « La directive en question dispose que les représentants des salariés doivent être informés et consultés sur les activités et la situation économique de la société, la situation et l'évolution future de l'emploi en son sein et les décisions susceptibles d'entraîner des modifications importantes de l'organisation du travail et des relations de travail. L'idée selon laquelle les salariés devraient être consultés sur la marque de sachets de thé à utiliser est d'une absurdité totale ! » Quant au café, rien n’est mentionné… Pour peu, on les trouverait presque sympathiques ces eurocrates. Sommes-nous fous ?
10:05 Publié dans De vous à moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20/11/2004
Triste anniversaire
Cela fait déjà mille jours et on l’aurait presque oublié. Parce que l’actualité bouge. Parce qu’il n’est pas évident d’y voir clair dans un dossier qui n’en finit plus de s’enliser. Ancien ministre français des affaires étrangères, Dominique de Villepin a beau se dire être l’un de ses plus proches amis, rien n’y fait. On stagne et on oublie. Les querelles européennes du parti socialiste, l’élection de la Commission Barroso (et encore…), W., l’Irak et la Côte d’Ivoire occupent le devant de la scène médiatique. Pas la Colombie, loin de nos centres d’intérêt directs. Cet anniversaire – parce qu’il faut malheureusement bien donner un nom à cette date – est celui d’Ingrid Betancourt. C’était hier, vendredi 19 novembre 2004. Célèbre pour son engagement en faveur des droits de l’homme et contre « l’injustice, la corruption et les narcotrafiquants », Ingrid aurait pu/dû compter sur un petit geste des siens, en Europe. Mais côté français, pas grand chose. Les eurodéputés verts Daniel Cohn-Bendit et Alain Lipietz avaient sans doute oublié de compter. C’est dommage. Un petit geste sur leurs sites, sur celui du groupe parlementaire des Verts européens, n’aurait pas été de trop. Ou bien était-ce le week-end… Car force est de constater que le groupe Verts/ALE avait jusque-là rarement manqué à son devoir de mémoire. Que ce soit à Strasbourg ou à Bruxelles. Il n’aurait pas fallu grand chose. Juste quelques mots. Parce qu’il n’y a pas que l’Irak. Que derrière Ingrid se « cachent » dans ce pays, 3000 autres otages civils ou militaires, « détenus dans des conditions inhumaines, qui attendent leur libération depuis parfois sept, huit ans ou plus encore. » Autre question : Bruxelles, la technocrate, a fait d’Ingrid sa citoyenne d’honneur. Comme 1255 autres villes, communes, départements, régions à travers le monde. Pas Strasbourg, qui rappelle à qui veut l’entendre qu’elle est la capitale parlementaire de l’Union et la ville d’accueil du Conseil de l’Europe et de la Cour européenne des droits de l’homme. Pourquoi ?
En savoir plus :
Betancourt.info
10:40 Publié dans De vous à moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19/11/2004
Le Parlement européen se saisit du dossier ivoirien
Par Christophe Nonnenmacher - Vivre à l'étranger - 19 novembre 2004
L’ancien général français et député européen depuis 1999 qu’est Philippe Morillon n’en démord pas : « Les événements de Côte d'Ivoire n’auraient pas donné lieu aux procès de néo-colonialisme fait à la France si Paris avait eu ‘le réflexe Licorne’. Les accords bi-latéraux, les soutiens de l'OUA et de l'ONU à l'Opération Licorne n'étaient pas et ne sont pas incompatibles avec une européanisation de l'intervention des militaires français. » Nul doute pour lui : ce n’est pas à la France d’intervenir à Adidjan mais à l’Europe tout entière. Faisant écho à cette analyse, les groupes Verts/ALE, PSE, GUE/NGL, ALDE et PPE-DE on obtenu aujourd’hui le vote d’une résolution parlementaire sur la Côte d’Ivoire, invitant notamment les Etats membres de l'Union à s'impliquer activement dans le soutien de la mission de maintien de la paix assurée par l'ONU et la France.
04:55 Publié dans articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18/11/2004
Les Européens bloggent à part
Par Christophe Nonnenmacher - Europeplusnet.info - 18 novembre2004
Réellement apparus en France depuis cette année, les « blogs » montent en puissance. Parmi les bonnes surprises, plusieurs sont déjà consacrés à l’Europe et le phénomène ne fait visiblement que commencer.
Encore peu connus en France, le nombre de « blogs » (comprenez carnet personnel en ligne ou journal sur le Web, faussement francisé en jou-eb), a littéralement explosé à l’échelle internationale. « On en dénombre plus de 4 millions d’actifs dans le monde et ce chiffre double tous les 5 mois. », explique Loïc Lemeur, figure emblématique de la nouvelle économie et actuel PDG de Typepad. « Un nouveau weblog se crée toutes les 7 secondes ! », complète Philippe Pinault, fondateur de BlogSpirit.com, l’une des principales plateformes du secteur. « Historiquement, les premiers blogs se composaient de listes de liens commentés. Puis apparurent des sortes de journaux intimes, publiés sur le Web, expliquent Emily Turrettini et Cyril Fievet, auteurs de « Blog Story, le premier livre français consacré aux blogs ». « Créés par de simples internautes, ils se composaient d’entrées rédigées au gré des humeurs, faisant état de la vie privée de leurs auteurs ou des réactions de ceux-ci à leur environnement. Mais le concept s’est ensuite élargi et on trouve aujourd’hui des blogs de toute nature. » C’est dans ce contexte que les euroblogs sortent doucement du réseau.
« Raconter au jour le jour ce qui se passe »
Parmi les premiers à se lancer dans l’aventure, l’eurodéputé vert français, Alain Lipietz. « L’expérience du blog de ma campagne européenne, riche et contradictoire, m’a appâté. J’ai besoin de pouvoir raconter au jour le jour ce qui se passe, mes impressions, sans écrire nécessairement tout un article digne des rubriques traditionnelles de mon site », explique-t-il. Egalement dans la course, un autre Français, Dominique Strauss-Kahn, « socialiste présidentiable en 2007 ». « J’ai créé ce blog pour en faire un espace d’échanges autour de mes idées et de mes projets, dialoguer directement avec tous ceux qui veulent participer au débat public [sur l’Europe]. » Un souci que partagea également le candidat Michel Rocard durant sa campagne européenne en Rhône-Alpes, en juin dernier. A droite, pas grand-chose, si ce n’est Alain Lamassoure dont le site Web n’est guère éloigné du blog, avec explications de texte régulières de son action au sein du Parlement européen, de ses envies et frustrations légitimes quant à l’avancée de l’Union. La frontière est d’ailleurs parfois mince entre les weblogs, version « carnet personnel », et les sites d’opinions et d’analyses. Ainsi, café Babel, rassemble les points de vue d’étudiants de « l’eurogénération », qui débattent entre eux de sujets politiques, tandis que Newropeans magazine, fédère un vaste réseau transeuropéen d’analystes et d’experts, appartenant à la « génération des Européens nés après le Traité de Rome » ; même stratégie pour les deux réseaux associatifs : grâce à Internet, porter d’emblée le débat européen dans sa dimension transnationale et s’affranchir des contraintes des médias et partis politiques nationaux. Quand on parle de frontières...
« Rendre le débat européen accessible au plus grand nombre »
Président du Parlement européen des jeunes, Laurent Delporte n’est pas à proprement un politique. Plutôt un militant actif de la cause communautaire. Son « Euroblog » n’a rien d’une lubie. « Je suis parti de plusieurs constats, confie-t-il. Tout d’abord, je reçois quotidiennement de nombreux courriels par jours (entre 50 et 80 en moyenne) où l’on me pose souvent les mêmes questions. ‘Où puis-je trouver telle information sur l’Europe ? Comment puis-je mettre en place tel ou tel projet ? Quel est le rôle du Parlement européen par rapport à la Commission européenne ? Quel est le but de la Stratégie de Lisbonne ? Quelle association puis-je contacter pour participer à un programme de volontariat ? Quel est le nombre d’étoiles sur le drapeau européen ?’ Je réponds à chaque fois et je me suis aperçu que mes réponses pourraient intéresser d’autres personnes. » Autre source de motivation, la volonté de rendre le débat européen accessible au plus grand nombre : « En ce moment, poursuit-il, les discussions sur la candidature de la Turquie ou sur la Constitution reviennent souvent. Ce n’est pas toujours évident de se souvenir de telle ou telle information, de telle ou telle adresse, de courriel, ou liens etc... C’est pour ces raisons que j’ai souhaité ouvrir ce blog, ce nouveau média, pour partager en permanence tous ces sujets qui me tiennent à cœur. »
« Voir, écouter, jouer les passeurs »
Côté journalistes, après le succès des journaux de campagne présidentielle américaine, notamment chez Libération, la tendance est également à l’Europe. Parmi eux, Daniel Riot, directeur de la rédaction européenne de France 3 vient de lancer son blog-notes, intégrant coups de cœur, de projecteur et de gueule sur cette Europe qui se cherche encore une unité. Des « Rioteries », comme il se plaît à dire. L’exercice est simple : « Voir, écouter, tenter de comprendre et d’expliquer, jouer les passeurs, avec la prétention intrinsèque de tous les porteurs d’une carte de presse et avec l’humilité d’un adepte de ce journalisme transcendantal si peu praticable dont rêvait Maurice Clavel... » Car si les blogs séduisent autant le public et leurs auteurs c’est peut-être avant tout parce que la langue de bois n’y est pas pratiquée. Qu’à l’inverse des médias traditionnels, vous n’y entendrez pas que l’Europe n’intéresse pas, qu’elle est trop compliquée. Simplement parce que la tonalité choisie y est franche, vivante, voire romanesque,
Mémo : le phénomène Weblog et ce à quoi il répond
Véritable phénomène de société aux Etats-Unis, depuis leurs premiers balbutiements au début des années 1990, les blogs y ont atteint l’âge de maturité. C’est avec le Drudgereport, de Matt Drudge, qui lève l’affaire Monica et Clinton, que le « blogzine » (ni vraiment blog, ni vraiment magazine) connaît une de ses heures de gloire ( ?). Le 11/9 voit poindre une multitude de blogs d’Américains désireux d’amener leur contribution personnelle au débat et aux interrogations de toutes sortes. Parfois, les blogs ont une influence des plus surprenantes. Présentateur de l’émission 60 minutes sur CBS News, Dan Rather en a récemment fait les frais, obligé d’admettre sur pression grandissante des bloggers que son enquête sur le passé de George W. Bush comportait des erreurs. Autre victime, le président lui-même, accusé d’avoir caché un récepteur radio pendant son premier face à face télévisé de campagne avec John Kerry. « Les blogs marquent une forme d’aboutissement de la logique de mise en réseau des personnes via Internet, analyse Emily Turrettini. Plus globalement, ils sont le reflet d’une véritable civilisation de la personne, ou en tout cas d’un monde dans lequel tout un chacun peut très facilement s’exprimer - pour parler de sa vie, de ce qu’il lit ou voit, de ce qu’il aime et déteste - et être entendu. D’une certaine manière, les blogs marquent le début d’une ré-appropriation d’Internet par les individus. » Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Le bloggeur, sauf exception ne recherche pas l’isolement mais à faire entendre sa voix, vite et loin. A l’origine la fondation de cluetrain.com et du Manifeste des évidences, Chris Locke, Doc Searls, David Weinberger, confirment : « L’Internet permet des conversations entre êtres humains qui étaient tout simplement impossibles à l’ère des masse-média ». L’information s’infiltre de partout. « Les personnes qui utilisent la plateforme blogspirit, peuvent gratuitement blogger par l’envoi d’un simple mail ou via leur téléphone mobile, se félicite Philippe Pinault. Les informations collectées sur un blog ont une vitesse de propagation inouïe. Quant il faut en moyenne trois jours pour être référencé sur google, des annuaires spécialisés, comme technorati.com, vous avertissent à peine quelques heures après la publication d’une information ! »
En savoir plus :
L’ABC du Blog, par Emily Turrettini et Cyril Fievet. Et Pointblog, le magazine du "blogging".
Klogfr : yout, tout, tout vous saurez tout sur le blogging. Plus qu’un manuel, une véritable encyclopédie du blog.
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Expatriés belges et irakiens, même combat !
Quelle différence y a-t-il entre un expatrié belge et irakien ? Aucune. Tous deux ont ceci en commun que voter ne leur est pas chose aisée, au point d’en faire des citoyens de seconde zone. Blague belge ? Non : triste réalité. Mais les choses évoluent. Première avancée, les Irakiens vivant hors de leur pays pourront exercer leur droit électoral lors du scrutin législatif de janvier. « Des bureaux de vote seront [même] installés dans les Etats accueillant une importante communauté irakienne, annonce Farid Ayar, porte-parole de la commission électorale irakienne. Raison de ce geste emprunt de noblesse, le souci de se conformer à un certain esprit démocratique. Motivation réelle présumée, le soutien pressenti des expatriés à une liste gouvernementale bien plus occidentalisée - tout du moins américanisée – que celles des autres parties en présence. Quant aux Belges, cela ne fait qu’un an qu’autorisation leur a été accordée de voter pour les élections fédérales. Forts de cette victoire, les 114 620 votants espèrent que ce droit – a priori fondamental – leur soit octroyé à l’occasion des prochaines élections régionales et européennes. Les sénateurs MR Christine Defraigne et François Roelants du Vivier, rejoints par l’ensemble de la classe politique nationale, s’y emploient en tout cas, soulignant qu’il « s'agit d'un dossier prioritaire pour nous ». Seule véritable embûche,
des divergences de fond quant aux modalités d'application de ce projet de réforme, le parti socialiste demandant à ce que soit à cet effet créée une circonscription électorale particulière, ce que refuse le MR, au titre que « les élus doivent représenter tous les Belges et pas seulement une catégorie d'entre eux. »
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17/11/2004
Vaclav Havel partage ses lectures
Depuis un an, la question gagnait du terrain. Toujours la même. « Mais que fait Vaclav Havel depuis son retrait – en 2003 - de la présidence tchèque ? Est-il retourné à ses premiers amours, l’écriture, la dramaturgie ? Réponse vient d’y être apportée : l’ancien dissident, emprisonné près de cinq ans dans les geôles communistes, met sur pied une bibliothèque portant son nom. A Prague, pour « transmettre au monde les expériences de l'époque du totalitarisme. « Cette bibliothèque, indique-t-il, a pour tâche principale de collecter et de traiter de manière scientifique des documents importants ayant trait à notre histoire. En fait, avec les années qui passent et les maladies qui s'annoncent, je me suis rendu compte que j'avais depuis les années 1950 tant de choses intéressantes gisant quelque part dans des caisses ou des greniers. Il s'agit par exemple de ma correspondance avec d'éminents poètes tchèques très critiques à l'égard de mes premiers poèmes, de nombreux manuscrits de projets de lois et des Constitutions, ou de ma correspondance avec des hommes d'Etat. Il serait dommage de laisser pourrir tout cela. » Créée sur le modèle des bibliothèques présidentielles des présidents américains, cette nouvelle structure recèle bien d’autres surprises, dont une, plus particulièrement : l’initiateur « intellectuel » du projet ne serait autre que George W. Bush, adversaire heureux d’un John Kerry jugé trop intellectuel par 52% d’Américains…
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Citoyens français et allemands font leur propre Eurodistrict
Par Christophe Nonnenmacher - Vivre à l'étranger - 16 novemebre 2004
Pendant que les autorités strasbourgeoises et kehloises poursuivent leur partie de ping-pong avec Paris et Berlin, désireux de créer un Eurodistrict Strasbourg-Kehl-Ortenau qui fondrait dans une nouvelle administration binationale l’ensemble de la zone concernée, les citoyens de part et d’autre du Rhin agissent. Après le lancement annoncé d’une radio transfrontalière début 2005 – sur le net puis en Hertzien – et celui d’une école eurodistrict pour la rentrée de septembre 2005, le Forum citoyen eurodistrict inaugurera une journée eurodistrict le 3 décembre prochain. Au programme, présentation des projets en cours, tables rondes réunissant acteurs économiques, associatifs et médias. But de la manœuvre, expliquer un peu plus encore ce qu’est cet eurodistrict – premier du genre en Europe -, anticiper son impact politique et économique et construire pour l’avenir. Car les attentes sont grandes : zone fiscale propre et concurrentielle, remboursement des soins de part et d’autre du Rhin, promotion du bilinguisme, développement de médias transnationaux, renforcement des institutions européennes, adoption du tarif local pour les communications téléphoniques, n’en sont que quelques exemples.
En savoir plus :
La journée Eurodistrict aura lieu le 3 décembre, à l’Ortenauhalle d’Offenbourg (Allemagne), de 9h30 à 17h30. L’entrée est gratuite.
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