05/12/2004
Cerveaux et politiques russes fuient la réalité
Par Christophe Nonnenmacher - Vivre à l'étranger - 3 décembre 2004
La fuite des cerveaux frappe-t-elle oui ou non de plein fouet la Russie ? Non, si l’on en croit les propos tenus par le ministre russe de l'Éducation et de la Recherche Andreï Foursenko, lors d’un récent séminaire international consacré à la gestion de la carrière scientifique et à la mobilité académique entre la Russie et l'Union européenne. « Les bruits sur le danger de fuite des cerveaux de Russie sont aujourd'hui exagérés, indique-t-il. Ce à quoi nous assistons est une migration naturelle de chercheurs russes à l'étranger. » Rien d’autre donc. A ceci près que la suite de ses déclarations laisse perplexe : « Le problème consiste uniquement à faire en sorte que ce mouvement se fasse dans les deux sens : le retour de nos chercheurs et l'arrivée de chercheurs étrangers en Russie »… Comprendre, il n’y a pas de fuite massive des cerveaux, mais ceux qui partent à l’étranger ou dans le secteur privé ne sont pas remplacés… Le malaise qui s’en dégage est d’autant plus palpable que, selon l’agence de presse russe RIA-Novosti, la fuite des cerveaux russes serait, pour ces quinze dernières années, « évaluée de quelques dizaines à plusieurs centaines de milliers de chercheurs », confirmant ainsi l’hémorragie contestée par le gouvernement local. Plus précis encore, un sondage mené par le Système d'information Science et Innovation indiquait récemment qu’à la question de savoir si la fuite des cerveaux s'est réduite ces dernières années, 36% des personnes interrogées ont répondu par l'affirmative et 55% par la négative. Pis, à la question « Les scientifiques qui ont quitté le pays dans les années 1990 retournent-ils en Russie? », 87% ont répondu par la négative…
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