31/12/2004

Télérama met Europeus à l'honneur

Petite surprise nocturne en regardant les stats d'Europeus, lancé le 15 décembre avec des journalistes, politiques, chercheurs. A peine quinze jours après ses premiers pas dans la Blogosphère, Télérama le classait déjà site du jour, le 29 décembre. Sans aucune intervention de notre part - le plan communication d'Europeus ne sera lancé qu'en janvier:). Alors, de la part de toute l'équipe d'Europeus, tout simplement merci et très bonne année européenne 2005 à tous.

L’énergie de se battre pour seul héritage

Dans la nuit du 6 au 7 novembre, Marc Balzer et sa femme ont tout perdu. Leur hôtel de Sassandra, l’Océane Lodge, construit il y a à peine trois ans, leurs économies, leurs effets personnels. Mais bien plus encore c’est en quelques heures une part de leur histoire personnelle qui s’est envolée en cendres. Une part de leur rêve ivoirien, un bout de cette société à laquelle ils pensaient appartenir. Dans laquelle ils pensaient avoir trouvé leur place. «Après qu’un ami ivoirien nous a prévenu par téléphone qu’on ‘parlait mal des blancs’ en ville, nous avons décidé, avec ma femme de dormir à l’hôtel, pour rester avec les clients. » A cas où… Nouveau coup de téléphone à 1h30 du matin. Une autre connaissance est au bout du fil : « Partez vite. Ils arrivent. Ils vont tout piller. Tout brûler.» «Cloué au sol», «paniqué», le couple prévient dans l’urgence les clients de l’hôtel, prend ce qu’il trouve à porté de main, dans l’obscurité, les assaillants aillant déjà coupé l’électricité. Marc Balzer aura tout juste le temps de croiser ses agresseurs : «Ils étaient plusieurs centaines, scandaient des cris de guerre. Armés de bâtons et autres ustensiles, ils ont commencé à s’en prendre à la voiture. J’ai pris ma femme par la main, essayé de regrouper les clients mais beaucoup avaient déjà fui de leur côté».

De l’extrémité de la plage attenante à l’établissement où il s’était réfugié avec quelques clients, le couple d’hôteliers verra quelques instants plus tard les flammes embraser leur rêve ivoirien. « Vers 6h00 du matin, n’entendant plus de bruit, nous nous sommes discrètement rendus à l’hôtel. Il était réduit en cendres. » Une vision «d’horreur». La nuit, Marc Balzer avait appelé le préfet de Sassandra pour l’avertir de la situation. Celui-ci lui avait promis d’envoyer des soldats pour le protéger. Ceux-ci vinrent... Mais pour grossir les rangs des casseurs. Ironie du sort, c’est dans la maison de ce même représentant de l’Etat ivoirien que le petit groupe trouvera refuge le dimanche matin. La situation ne manquait pas d’ironie glaciale : les forces de sécurité qui les protégeaient désormais étaient les mêmes que celles qui les avaient pillé quelques heures plus tôt. La situation était d’autant plus précaire que dans l’après midi, déjà, la milice se regroupait aux grilles de la maison préfectorale pour demander «la tête des blancs». «A ce moment là, rien ne nous disait que le préfet n’allait pas nous livrer.» Dans l’impossibilité d’être secourue par des troupes françaises débordées par l’ampleur des événements sur Abidjan, le groupe réussira néanmoins à s’envoler pour la capitale et à rejoindre le BIMA, grâce au concours d’un ami, propriétaire d’un petit avion de tourisme. Un exode en plusieurs convois, en plusieurs étapes, l’avion ne pouvant accueillir l’ensemble du groupe. Dernier « geste » du préfet avant le départ, celui-ci consentira à les escorter lui-même jusqu’à l’aérodrome afin de les protéger des miliciens.

Une autre solution aurait été de partir en direction d’Accra, au Ghana. Mais la réponse des services consulaires fut cinglante : «Comprenez-nous bien. Si vous n’avez pas de papiers, c’est que vous n’êtes pas en règle.» Effaré par cette réaction, Marc Balzer demande à son interlocutrice si elle est au courant de ce qui se passe. Si elle se rend compte que le premier réflexe d’une personne menacée n’est pas de chercher ses papiers dans un tiroir avant de fuir mais bel et bien se sauver sa vie et celle de ses proches. Sourd à ces arguments, la fonctionnaire française restera inflexible. La suite de l’histoire, se passera donc sur Abidjan. Puis à Paris, via un vol d’urgence affrété le mercredi par les autorités françaises. «Arrivés sur place des couvertures de survie, des vêtements, des chaussures, de la nourriture, des guichets de formalités, une enveloppe de départ de 150 euros et une carte téléphonique nous attendaient. Tout était extrêmement bien organisé. Il y a avait même plus de gens pour nous aider que de rapatriés. Mais en même temps, c’est là que vous prenez une claque, que vous vous dites que vous êtes vraiment SDF.» Le lendemain, le couple prend la direction de Strasbourg, sa ville d’origine. Aidé par des amis, il essaie, avec ses deux enfants à charge, de reprendre pieds entre des dettes qui continuent à s’accumuler et un outil de travail disparu. Ce qui lui reste ? L’envie de survivre à un conflit qui n’est ni le sien ni celui d’une large majorité d’Ivoiriens avec lesquels il garde un contact régulier et qui tentent tant bien que mal de s’en sortir dans un pays économiquement sinistré.

C’est dans cet esprit que Marc Balzer a crée avec d’autres rapatriés l’Adesci, l’Association de défense des entreprises sinistrées de Côte d’Ivoire, dont l’objectif est de fédérer l’ensemble des entreprises concernées en vue d’obtenir des Etats ivoirien et français et de la communauté internationale une prise de conscience et de responsabilité face à la gravité des dommages subis. D’établir le contact entre les membres de l’association et les administrations. Et d’informer l’opinion publique de l’évolution du dossier. Car rien n’est simple aujourd’hui, comme ces fameux cinq millions d’aide annoncés. Selon les interlocuteurs, tantôt il s’agit d’argent déjà dépensé, tantôt d’argent frais. Aucune réponse claire et précise n’est apportée sur le sujet. D’après un fonctionnaire que nous avons contacté au Quai d’Orsay, les 5 millions annoncés en novembre et décembre seraient les mêmes. Mais ils viendraient s’ajouter aux 4,8 millions déjà dépensés en frais de rapatriement et d’aide de première urgence. D’autres sources nous indiquent qu’il n’en est rien. Qui croire, que penser ? Marc Balzen n’en sait rien. «Tout ce que je sais est que l’ensemble des rapatriés attendent ces fonds. Au niveau de l’association des entreprises sinistrées en Côte d’Ivoire, on se bat, entre autres pour cela. Tout ce qui nous reste c’est l’énergie pour se battre. On n’a plus rien à perdre.» Seule reste donc la certitude que l’Adesci ne lâchera pas prise.

Par Christophe Nonnenmacher - Vivre à l'étranger - N°97 janvier 2005

27/12/2004

La Chine part à la conquête du monde

Déjà remarquée en 2003 pour son agressivité sur le marché international - 7470 sociétés chinoises avaient investi 33 milliards de dollars dans plus de 160 pays et territoires – la Chine multiplie aujourd’hui les opérations d’acquisition à grande échelle. Fin octobre, SAIC, le premier constructeur automobile chinois, s’emparait ainsi, pour 500 millions de dollars, de 48,9 % du constructeur de 4x4 sud-coréen Ssangyong. TCL. Quelques mois plus tôt, le deuxième fabricant chinois de téléphones portables, fusionnait sa branche téléviseurs et lecteurs de DVD avec Thomson. Également en pleine expansion, le géant chinois de l'électroménager Haier est en passe de devenir l’une des marques incontournables sur le marché occidental. Également omniprésent sur les marchés miniers (zinc, nickel, etc.) et énergétiques, Pékin, via la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC), a également, depuis le rachat, en 2002, de Repsol Indonesia pour 585 millions de dollars, pris la place de premier producteur de pétrole offshore d'Indonésie. Encouragée par Pékin, cette stratégie d’expansion des groupes nationaux devrait très prochainement prendre une ampleur grandissante, le gouvernement chinois ayant récemment annoncé des mesures pour faciliter les investissements de ses entreprises à l'étranger.

25/12/2004

Des oranges pour Noël

A lire sur Europeus:

"Des lecteurs MP3, des clés USB, une grosse dose de tendresse à la télévision, le lancement réussi de la sonde européenne Huygens pour Titan, le retour des troupes britanniques d’Irak, un pouvoir d’achat retrouvé, un euro un peu moins fort, un tas de charbon pour les méchants bambins espagnols, des sous pour la fondation Santa Claus of Greenland, des voiturettes électriques Lamborghini pour les forces de police italiennes chargées de la protection du Pape… Voilà, en gros, ce que qu’espèrent trouver d’ici quelques heures la plupart des européens sous leur sapin. Bon, bien sûr, on pourrait ajouter le plein emploi, la paix dans le monde, la fin des démagogies et nationalismes de toutes sortes et la réussite des objectifs fixés par la stratégie de Lisbonne, mais bon, c’est Noël, pas une publicité pour La Poste… " LIRE LA SUITE...

JOYEUX NOEL,

Christophe

22/12/2004

Chypre n'est pas une aporie

A lire sur Europeus.org

Une aporie c’est une difficulté logique sans issue Les philosophes masochistes en jouissent. Les plus sages les laissent pour ce qu’elles sont, comme «les grands chefs gardent un fond de sauce sur un coin de leur fourneau »…Les diplomates, eux, parlent de «problèmes insolubles », de «données incontournables », de «trous noirs géopolitiques» : il faut bien trouver des excuses à son impuissance… Depuis 1974, Chypre n’est pas une aporie diplomatique : c’est un cœur qui saigne en Méditerranée. Les Européens auraient bien tort de se résigner à laisser ce dossier dans les tiroirs. L’Histoire se venge toujours des lâchetés de ses acteurs…. Cette île, gouvernée jadis par Mgr Makarios, a été déstabilisée par les rivalités gréco-turques et les séismes proche-orientaux. Soviétiques et «occidentaux» ont transformé l’île en porte-avions d’influences pernicieuses. Les Chypriotes, grecs et turcs, ont d’abord été des jouets d’une Histoire et d’histoires qui les dépassaient. (par Daniel Riot) LIRE LA SUITE...

C'est arrivé près de chez vous

A lire sur Europeus.org

Prospective. Année 2025. L’Europe compte désormais trente Etats. L’Afrique du Nord est devenue l’un des premiers partenaires économique et social de l’Union. Centrales de télécommunications, centres de soins et établissements universitaires y ont fleuri au cours des quinze dernières années. Une tendance que certaines associations dénonçaient déjà en 2004. En vain. Aujourd’hui, la clinique tunisienne d’Al Manar est devenue une destination parmi les plus prisées des tour-opérateurs. A la pointe de la recherche médicale, elle propose à ses patients un service médicalisé de pointe, doublé d’une période de relaxation sur les côtes tunisiennes. Autant dire que la formule séduit un nombre croissant de citoyens européens désespérés par les lenteurs des centres hospitaliers continentaux, dont les effectifs humains et matériels n’ont cessé d’être réduits pour cause de rentabilité..." (auteur Christophe Nonnenmacher) LIRE LA SUITE

19/12/2004

La fin de la diplomatie

Samedi 13h30, dans un quartier huppé de Strasbourg. L’homme qui m’attend sur le pas de sa porte m’intrigue. La fonction qu’il occupe également. Fils de Garry Davis, à l’origine du lancement du mouvement des Citoyens du monde en 1948, Troy Davis se définit comme ingénieur en démocratie. Un concept aux allures étranges, inventé de toutes pièces par cet ancien diplômé en physique de Harvard. Une spécialisation à mille lieues des questions politiques qui le hantent aujourd’hui. Et pourtant, à y regarder de plus près, le concept emprunte beaucoup de son sens à la science. «L’ingénierie démocratique est une démarche scientifique visant à concevoir, inventer et mettre en oeuvre les moyens optimaux pour planifier et organiser les processus démocratiques», m’explique-t-il. Son idée ? Repenser le dialogue international. En finir avec l’idéologie sumérienne qui veut que seuls les diplomates aient le pouvoir de changer la face du monde. En finir avec les querelles égotiques qui veulent qu’une maladresse de protocole, un mauvais choix de taille de la table des négociations, la qualité du champagne servi ou une erreur de langage puissent contrer la volonté de deux peuples de faire la paix. «Stop !», dit-il. Il est grand temps de revenir à des rapports francs, directs. De substituer la démocratie à la diplomatie, cet instrument, «basé sur un concept mental, sur l’assise psychologique d’un statut social, mis en place il y a cinq mille ans par les rois Sumériens et qui rejette toute égalité entre les êtres humains.» Lire la suite sur europeus.org

16/12/2004

Un Français sur quatre surévalue son niveau linguistique

On s’en doutait depuis un bon moment, mais l’étude réalisée par Accountemps Intérim, filiale de Robert Half International Inc., spécialisée dans le recrutement temporaire en comptabilité, finance et banque, conduite auprès de 1 450 responsables des ressources humaines et directeurs financiers dans huit pays (*) officialisé la chose. Oui, les Français sont des grands bluffeurs, 23 % d’entre eux surévaluant leur maîtrise des langues étrangères. Raison de cette tricherie, le besoin de se valoriser sur un marché où la maîtrise des langues étrangères, bien qu’essentielle, n’est pas une qualité reconnue des diplômés issus de l’éducation nationale française. Plus inquiétant, 33,9 % des responsables des ressources humaines et des directeurs financiers interrogés estiment que les postulants tendent également à embellir leur parcours professionnel et à s’octroyer des responsabilités qu’ils n’ont jamais véritablement exercées. Néanmoins, la palme du bluff revient en ce domaine non plus aux Français mais bien aux Anglais et aux Irlandais qui, pour la moitié d’entre eux, exagèrent quelque peu leurs fonctions antérieures. Ouf ! L’honneur est sauf.

Dormir ou travailler, les Européens peinent à choisir

Selon une récente étude publiée par le site de recherche d’emploi en ligne Monster, un Européen sur quatre s’endormirait sur son lieu de travail. Réalisée au printemps dernier auprès de 21 489 utilisateurs du réseau européen de Monster, l’enquête brise également certains clichés. Non, Italiens, Grecs et Espagnols ne seraient pas les bonnets d’âne. En fait, contre toute attente, les Irlandais (40 %) et les Anglais (35 %) seraient les moins consciencieux, tout du moins les plus sujets à l’endormissement. À titre de comparaison, seuls 27 % des Français et 18 % des Italiens sondés reconnaissent s’être endormis dans de telles circonstances. Quant aux lieux de « repos » choisis par les salariés, ceux-ci vont des plus classiques, dans leur bureau ou en réunion (9 % des Anglais et 8 % des Suédois) – aux plus insolites comme les toilettes, particulièrement appréciées pour leur confort par les Irlandais et les Français (respectivement 8 % et 7 %).

15/12/2004

Naissance d'Europeus.org

Chose promise, chose due. je vous avais précédemment parlé de nouveautés...voilà, on y est. Europeus.org fait ses premiers pas. L'idée: réunir des journalistes, politiques, écrivains, consultants, chercheurs... pour parler d'Europe. celle que l'on ne voit pas forcément dans les médias. Celle que l'on oublie souvent, que l'on décrie à tort ou à raison. Tous les contributeurs ne sont pas encore répertoriés. Nombreux sont ceux qui nous rejoindront d'ici janvier. Mais on voulait vous l'offrir un peu en avance, Noël oblige.

L'esprit d'Europeus:

"On aurait pu faire simple. Se contenter d’errer dans les couloirs de nos rédactions respectives, dans ceux du parlement ou de (re)penser l’Union depuis un centre de recherche pour les chercheurs qui nous accompagnent. On aurait également pu s’enfermer dans une vision franco-française de l’Europe, comme on sait si bien le faire d’ordinaire. On aurait aussi pu longtemps s’indigner – en silence - des différentes aberrations et autres amalgames circulant ici et là. Comme ce « vrai-faux » débat sur la Turquie ou le mariage homosexuel qui tinrent l’affiche lors des dernières européennes en France. Deux sujets ô combien importants mais sans aucun rapport direct avec l’échéance électorale. Aujourd’hui, tout et n’importe quoi circule sur le projet de constitution. Trop libéral, pas assez. Pilier d’un super Etat ou texte pas assez fédéraliste. Stop ! Peut-être serait-il temps de prendre un peu de recul. De ne pas résumer l’Union à un « super machin » technocratique ou à une « illusion politique ». L’Europe telle qu’elle se présente aujourd’hui n’est ni l’ogre que certains décrivent ni la Belle au bois dormant. Elle n’est ni « shrekienne » ni « harrypotterienne ». Elle est en mouvement. Avec ses qualités et ses défauts. Quelque part entre le discours « europhobe » et « eurobéat ». Entre l'esprit guerrier de Mars et la douceur de Vénus, pour répondre à Robert Kagan, membre de la Carnegie Endowment for International Peace et directeur du Project for a New American Century, le think-tank électoral de George W. Bush..." Lire la suite...

Les (premiers) contributeurs: Daniel Riot, Christophe Nonnenmacher, Jean-Marie Steinlein, Stephen Bunard, Barthélémy Courmont, Catherine Trautmann, Driss Ajbali, Kai Littmann, Antonio Lagala, Olivier Dupuis...

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